Term • 2025-2026
Interaction lumière / matière
Modèle quantique de l'atome, spectre de raies, absorption et émission de photons, effet photoélectrique, travail d'extraction, longueur d'onde seuil et panneaux solaires.
Un peu d’histoire des sciences
En 1911, Ernest Rutherford montra l’existence d’un très petit noyau chargé positivement, ce qui le conduisit par la suite à proposer le modèle atomique de Rutherford : un atome est constitué d’électrons négatifs qui orbitent sur des trajectoires circulaires autour d’un noyau dense positif, à la manière des planètes du système solaire qui orbitent de manière quasi circulaire autour du Soleil, la force électromagnétique remplaçant alors la force de gravitation. Toutefois, la théorie planétaire de Rutherford se heurtait à la théorie du rayonnement de l’électron accéléré.

Électron en spirale convergente vers le noyau
En effet, d’après les observations expérimentales et les lois de Maxwell, un électron soumis à une accélération émet de l’énergie sous forme de champ électromagnétique. Ramené au niveau de l’atome de Rutherford, l’électron devrait décrire une spirale convergente, et non un cercle, pour finir par s’écraser sur le noyau. Les orbites ne sont donc pas stables.
Si le modèle planétaire de Rutherford était valide, le spectre d’émission de l’hydrogène devrait être un continuum : c’est-à-dire qu’il devrait présenter l’ensemble des longueurs d’onde accessibles, un arc-en-ciel en somme.
La réalité est tout autre, car le spectre d’émission de l’atome d’hydrogène est un spectre de raies :

Spectre d’émission de l’atome d’hydrogène
En 1913, le physicien danois Niels Bohr suppose qu’il existe des orbites circulaires stables pour les électrons, c’est-à-dire qu’une fois sur une de ces orbites, l’électron ne rayonne aucune énergie électromagnétique. Il ne décroît donc pas en spirale et peut rester indéfiniment sur cette orbite. Il élabore alors un modèle quantique de l’atome où ces orbites stables sont nommées couches électroniques.

Couches électroniques

Niveaux d’énergie de l’atome d’hydrogène
À retenir
Le terme mécanique quantique provient du fait que dans ce modèle, les couches électroniques possèdent une énergie bien définie : elle est quantifiée. Un électron ne peut donc uniquement se situer que sur des niveaux d’énergie bien précis.
Se penchant sur l’interprétation du spectre de raies de l’hydrogène, le physicien danois Niels Bohr corrigea en 1913 le modèle planétaire proposé par Rutherford quelques années auparavant. Il ébauche ainsi le premier modèle de l’atome dérivant des récentes théories quantiques.
Le photon et l’interaction lumière-matière
Formule à connaître
Énergie d'un photon
Définition : Le photon émis, que l’on peut traduire par « grain de lumière », possède une énergie égale au produit de la constante de Planck par la fréquence de l’onde.
Grandeurs : différence d’énergie entre deux couches électroniques ; constante de Planck ; (lue « nu », souvent notée ) fréquence de l’onde.
Unités : en joule (J), souvent en électronvolt (eV) ; en ; en hertz (Hz).
Remarque : Valeur de la constante de Planck : .

Absorption d’un photon

Émission d’un photon
Absorption : lorsqu’un électron au sein d’un atome absorbe un photon, son énergie passe d’un niveau d’énergie initial à un état d’énergie final supérieur .
Émission : lorsqu’un électron au sein d’un atome passe d’un niveau d’énergie initial à un état d’énergie final inférieur , il émet un photon dont l’énergie est égale à la différence d’énergie :
Sachant que et que , la relation de Planck-Einstein se met également sous la forme :
Formule à connaître
Relation de Planck-Einstein
Définition : L’énergie d’un photon est inversement proportionnelle à la longueur d’onde de l’onde électromagnétique associée.
Grandeurs : énergie du photon ; constante de Planck ; célérité de la lumière dans le vide ; longueur d’onde.
Unités : en J ; en ; en ; en m.
Remarque : Valeur de la célérité : .
Plus la longueur d’onde est faible, plus l’énergie d’un photon est élevée. Les UV sont, par exemple, plus énergétiques que les IR, d’où leur dangerosité accrue.
Remarque
On a déjà évoqué la désexcitation des noyaux dans le chapitre sur la radioactivité sous le nom de désexcitation (dans le cas où la fréquence du photon émis est dans le domaine des ondes gamma).
La plupart des noyaux issus d’une désintégration radioactive sont dans un état excité (souvent noté par une étoile). Le retour à leur état fondamental s’accompagne de l’émission d’un photon d’énergie :
La charge et la masse du photon sont nulles : et sont inchangés.
Exemple : spectre d’émission et transitions énergétiques au sein de l’atome d’hydrogène
Exemple

Série de Balmer

Transitions énergétiques au sein de l’atome d’hydrogène
On cherche à déterminer la longueur d’onde du photon émis lors de la désexcitation d’un atome d’hydrogène du niveau 3 vers le niveau 2.
L’électronvolt (eV) est une unité d’énergie couramment utilisée lorsqu’on travaille au niveau atomique. Il ne faut pas oublier de convertir en joule afin d’utiliser la formule de Planck-Einstein. La conversion vous sera toujours fournie en exercice ().
La longueur d’onde du photon émis est donc de :
Lors de la désexcitation d’un atome d’hydrogène du niveau 3 vers le niveau 2, il émet un photon d’une longueur d’onde égale à , qui est un photon dans le domaine du visible, de couleur rouge. Cette raie se nomme et elle est très souvent observée lorsqu’on disperse la lumière émise par les étoiles. C’est par exemple sur cette raie que l’on travaille avec l’effet Doppler afin de mesurer des redshifts ou des blueshifts.
L’effet photoélectrique
En 1873, W. Smith observe que la résistance électrique du sélénium varie en fonction de l’intensité de la lumière reçue. Par la suite, Day et Adams découvrent qu’on peut créer un courant électrique à partir de sélénium éclairé. En 1883, Fritts met au point le premier panneau photovoltaïque mais personne n’arrive à expliquer clairement le phénomène mis en jeu.
- Einstein postule en 1905 que toute onde électromagnétique de fréquence est en réalité un flux de quanta d’énergie, chaque quantum ayant une énergie (notion de photon).
- Lorsqu’un photon entre en collision avec un électron présent dans un métal, il lui transmet toute son énergie.
- Si cette énergie est suffisante, alors l’électron est arraché. L’énergie minimale nécessaire pour arracher un électron est appelée travail d’extraction .
- Si l’énergie est supérieure au travail d’extraction, alors le surplus d’énergie fourni est converti en énergie cinétique .

Schéma de l’effet photoélectrique
À retenir
La nature de la lumière fut l’objet d’un intense débat historique. Aujourd’hui, on s’accorde à dire que la lumière est à la fois une onde et un flux de photons : c’est ce qu’on appelle la dualité onde-corpuscule. Le photon est la particule élémentaire associée aux ondes électromagnétiques dont la lumière fait partie. Il n’a pas de masse et ne porte pas de charge électrique. Dans le vide, sa vitesse est égale à :
Détermination du travail d’extraction pour le sodium
Montage photoélectrique pour l’étude d’une photocathode en sodium
Pour déterminer les caractéristiques photoélectriques du sodium, on réalise le montage ci-contre.
On étudie une photocathode en sodium (partie « métal » sur le schéma). L’expérience consiste à éclairer cette photocathode par un rayonnement de longueur d’onde . Des électrons sont émis du métal vers le collecteur avec une vitesse . Il est possible, à l’aide du générateur, d’appliquer une tension électrique qui va créer un champ électrique entre les deux plaques. Ce champ électrique va induire une force électrique sur les électrons, force qui sera opposée à leur mouvement. Cette force va donc freiner les électrons. Le but est de chercher pour quelle tension appliquée les électrons arrivent avec une vitesse nulle sur le collecteur. On repère cette valeur par l’absence de courant électrique qui circule alors dans le circuit. Cette valeur de tension est appelée tension d’arrêt. On obtient une tension d’arrêt .
Données :
- Masse de l’électron :
- Charge élémentaire :
- Intensité de pesanteur :
- Constante de Planck :
- Célérité de la lumière dans le vide :
Calcul de la vitesse de l’électron émis
Comme vu lors du chapitre « Mouvement dans un champ de pesanteur uniforme », le poids d’un électron est négligeable devant la force électrique qu’il subit dans un condensateur. Le travail de la force électrique est :
Or, la relation entre la tension aux bornes d’un condensateur , l’intensité du champ électrique généré entre ses armatures et la distance entre elles est : . On a donc :
En appliquant le théorème de l’énergie cinétique :
La vitesse d’un électron extrait du métal est donc :
Détermination de la longueur d’onde seuil
À retenir
Si l’on réalise un bilan d’énergie sur le système étudié : l’énergie incidente est le photon envoyé sur le métal. Une partie de cette énergie est utilisée pour extraire l’électron du métal (travail d’extraction), l’autre partie est convertie en énergie cinétique de l’électron. On a donc :
Le travail d’extraction se calcule à l’aide de la formule :
En effet, cela correspond à l’énergie minimale apportée par le photon pour arracher l’électron sans excédent qui serait converti en énergie cinétique ().
D’après la relation traduisant la conservation de l’énergie, il vient que :
Application numérique :
La longueur d’onde seuil est donc de :
Signification de ce résultat
Cette longueur d’onde constitue la valeur seuil : si l’on éclaire la photocathode en sodium avec des photons de longueur d’onde supérieure à cette valeur de (et donc d’énergie plus faible), il ne se passera rien ; aucun électron ne sera arraché du métal.
Si au contraire on éclaire la photocathode en sodium avec une source de longueur d’onde inférieure à cette valeur (et donc d’énergie plus grande), des électrons seront extraits. Plus la valeur de sera faible, plus l’énergie cinétique des électrons émis sera grande, ce qui traduit toujours la relation de conservation de l’énergie.

Énergie cinétique des électrons extraits

Énergie cinétique selon la fréquence du photon incident
Chaque métal a une longueur d’onde seuil différente. C’est notamment pour cette raison que le silicium est utilisé dans les panneaux solaires : sa longueur d’onde seuil est « adaptée » à l’utilisation qu’on en fait.
Pour le sodium, sa longueur d’onde seuil de correspond à une fréquence de . C’est bien ce que l’on retrouve sur le schéma ci-contre. Si l’énergie des photons incidents est trop faible : pas d’extraction.

Seuil d’extraction du sodium
Remarque
Les graphiques fournis correspondent la plupart du temps à . D’après la relation de conservation de l’énergie, l’équation de cette droite est donc : . On retrouve donc comme coefficient directeur la constante de Planck (voir schéma en haut à droite : toutes les pentes sont identiques) et comme ordonnée à l’origine : .
Les panneaux solaires
Principe de fonctionnement
Les cellules photovoltaïques exploitent l’effet photoélectrique pour produire du courant continu par absorption du rayonnement solaire. Cet effet permet aux cellules de convertir directement l’énergie lumineuse des photons en électricité par le biais d’un matériau semi-conducteur transportant les charges électriques.
Une cellule photovoltaïque est composée de deux types de matériaux semi-conducteurs, l’un présentant un excès d’électrons et l’autre un déficit d’électrons. Ces deux parties sont respectivement dites « dopées » de type n et de type p. Le dopage des cristaux de silicium consiste à leur ajouter d’autres atomes pour améliorer la conductivité du matériau.
- Un atome de silicium compte 4 électrons périphériques. L’une des couches de la cellule est dopée avec des atomes de phosphore qui, eux, comptent 5 électrons (soit 1 de plus que le silicium). On parle de dopage de type n (négatif), car les électrons (de charge négative) sont excédentaires.
- L’autre couche est dopée avec des atomes de bore qui ont 3 électrons (1 de moins que le silicium). On parle de dopage de type p (positif) en raison du déficit d’électrons ainsi créé.
Lorsque la première est mise en contact avec la seconde, les électrons en excès dans le matériau n diffusent dans le matériau p.

Schéma représentant la constitution d’une cellule photovoltaïque (Connaissance des Énergies, d’après CEA)
En traversant la cellule photovoltaïque, les photons arrachent des électrons aux atomes de silicium des deux couches n et p. Les électrons libérés se déplacent alors dans toutes les directions. Après avoir quitté la couche p, les électrons empruntent ensuite un circuit pour retourner à la couche n. Ce déplacement d’électrons n’est autre que le courant électrique produit par la cellule.
Rendement
Formule à connaître
Rendement d'une cellule photovoltaïque
Définition : Le rendement d’une cellule correspond à la puissance électrique qu’elle fournit par rapport à la puissance lumineuse reçue.
Grandeurs : puissance électrique fournie ; puissance lumineuse reçue.
Unités : Les deux puissances doivent être exprimées dans la même unité (souvent le watt) ; est sans unité, souvent exprimé en pourcentage.
Remarque : Le rendement moyen d’une cellule photovoltaïque est de l’ordre de .
Exemple : calcul du rendement d’un panneau photovoltaïque

Courbe de rendement d’un panneau photovoltaïque
Travaillons sur l’éclairement de . Par lecture graphique, on voit qu’un panneau photovoltaïque libère une puissance électrique de . La puissance lumineuse par unité de surface qu’il reçoit est de .
Surface du panneau :
La puissance lumineuse reçue par la cellule est donc de :
Le rendement est donc de :