Term • 2025-2026

Mouvement dans un champ de gravitation - Les lois de Kepler

Orbite, ellipse, période de révolution, trois lois de Kepler et satellites géostationnaires.

Un peu de vocabulaire

Notre système solaire

Notre système solaire

À retenir

La trajectoire formée par une planète autour du Soleil s’appelle une orbite.

Les orbites forment des ellipses, qui en première approximation peuvent être considérées comme circulaires dans certains exercices.

La durée que met un astre à effectuer une révolution, c’est-à-dire à parcourir une fois son orbite, est appelée période de révolution et se note TT.

Les lois de Kepler

Première loi de Kepler

À retenir

Première loi de Kepler

Les planètes suivent une orbite elliptique dont le Soleil occupe l’un des foyers de l’ellipse.

Il est possible de comparer une ellipse à un cercle « aplati ». Une ellipse possède deux foyers : plus ces foyers sont loin l’un de l’autre, plus l’ellipse est aplatie. On parle d’excentricité de l’ellipse.

Le Soleil occupe un des foyers de l'ellipse

Le Soleil occupe un des foyers de l’ellipse

Propriétés d'une ellipse

Propriétés d’une ellipse

Le point P le plus proche du Soleil se nomme le périhélie, le point A le plus éloigné du Soleil est l’aphélie.

La distance entre le centre de l’ellipse et le périhélie ou l’aphélie se note aa et s’appelle le demi-grand axe.

Si les deux foyers sont confondus, l’ellipse devient un cercle et le demi-grand axe aa correspond au rayon du cercle : a=Ra = R.

Deuxième loi de Kepler

À retenir

Deuxième loi de Kepler

Le segment qui relie l’astre central à l’astre en rotation balaye des aires égales pendant des durées égales.

Deuxième loi de Kepler

Deuxième loi de Kepler

Cela implique que l’astre en rotation possède une vitesse maximale au niveau du périhélie et une vitesse minimale au niveau de l’aphélie. Dans le cas d’une trajectoire circulaire, la deuxième loi de Kepler implique que la vitesse de l’astre en rotation est constante au cours du temps.

Troisième loi de Kepler

Démonstration dans le cas d’une trajectoire circulaire.

Le repère de Frenet lors d'un mouvement circulaire

Le repère de Frenet lors d’un mouvement circulaire

Soit une planète de masse MM en rotation autour du Soleil.

La force d’interaction gravitationnelle qui s’exerce sur la planète par le Soleil s’exprime dans la base de Frenet par la relation :

FS/P=GMSMR2N\overrightarrow{F}_{S/P} = G\,\frac{M_S\,M}{R^2}\,\overrightarrow{N}

Avec RR la distance Soleil / planète.

D’après la deuxième loi de Newton :

Fext=ma\sum \overrightarrow{F}_{\text{ext}} = m\,\overrightarrow{a}

Or l’accélération dans le repère de Frenet est :

a=dvdtT+v2RN\overrightarrow{a} = \frac{dv}{dt}\,\overrightarrow{T} + \frac{v^2}{R}\,\overrightarrow{N}

Il vient que :

{0=MdvdtGMSMR2=Mv2R\begin{cases} 0 = M\,\dfrac{dv}{dt} \\ G\,\dfrac{M_S\,M}{R^2} = M\,\dfrac{v^2}{R} \end{cases}

D’après la première équation, il vient que :

dvdt=0v=constante\frac{dv}{dt} = 0 \quad \Leftrightarrow \quad v = \text{constante}

À retenir

Dans le cas d’un mouvement à force centrale pour une trajectoire circulaire, la vitesse de l’astre en rotation est une constante.

D’après la seconde équation, il vient que :

GMSR=v2G\,\frac{M_S}{R} = v^2

Or la vitesse de l’astre en rotation s’exprime facilement par la relation :

v=distance parcouruedureˊe du parcours=peˊrimeˋtre de l’orbitepeˊriode de reˊvolution=2πRTv = \frac{\text{distance parcourue}}{\text{durée du parcours}} = \frac{\text{périmètre de l'orbite}}{\text{période de révolution}} = \frac{2\pi R}{T}

Il vient que :

GMSR=(2πRT)2G\,\frac{M_S}{R} = \left(\frac{2\pi R}{T}\right)^2

En réorganisant :

T2R3=4π2GMS\boxed{\frac{T^2}{R^3} = \frac{4\pi^2}{G\,M_S}}

À retenir

Troisième loi de Kepler

Pour un astre en révolution autour d’un astre central donné, la période de révolution au carré est proportionnelle au rayon de l’orbite au cube :

T2R3=K\boxed{\frac{T^2}{R^3} = K}

avec KK une constante pour un astre central donné. Cette constante KK est donc la même pour toutes les planètes du système solaire puisque l’astre central est le Soleil. Si l’on travaille sur les lunes de Jupiter par exemple, cette constante KJupiterK_{\text{Jupiter}} sera identique pour toutes les lunes de Jupiter mais ne sera pas la même que KSoleilK_{\text{Soleil}}.

Dans le cas d’une trajectoire elliptique, la période de révolution est proportionnelle au demi-grand axe au cube :

T2a3=K\frac{T^2}{a^3} = K

Remarque

La démonstration est à savoir refaire : elle est souvent plus ou moins guidée dans les sujets de baccalauréat.

Les satellites géostationnaires

À retenir

Un satellite géostationnaire est un satellite qui est fixe à la verticale d’un point de la surface terrestre. Les satellites géostationnaires sont contenus dans le plan équatorial de la Terre et leur période de révolution est égale à la durée que met la Terre à tourner sur elle-même, appelée jour sidéral.

Un jour sidéral vaut :

T=23h56min4s=86164sT = 23\,\mathrm{h}\,56\,\mathrm{min}\,4\,\mathrm{s} = 86164\,\mathrm{s}
Orbite d'un satellite géostationnaire

Orbite d’un satellite géostationnaire

À quelle distance hh de la surface de la Terre doit se situer le satellite dans le plan équatorial afin qu’il soit géostationnaire ? Pour répondre à cette question, utilisons la troisième loi de Kepler. En supposant un mouvement circulaire uniforme du satellite autour de la Terre, il vient :

T2R3=4π2GMT\frac{T^2}{R^3} = \frac{4\pi^2}{G\,M_T}

Avec MTM_T la masse de la Terre et R=RT+hR = R_T + h avec RTR_T le rayon de la Terre, d’où :

T2(RT+h)3=4π2GMT(RT+h)3=T2GMT4π2RT+h=T2GMT4π23h=T2GMT4π23RT\begin{aligned} \frac{T^2}{(R_T + h)^3} &= \frac{4\pi^2}{G\,M_T} \\ \Leftrightarrow (R_T + h)^3 &= \frac{T^2\,G\,M_T}{4\pi^2} \\ \Leftrightarrow R_T + h &= \sqrt[3]{\frac{T^2\,G\,M_T}{4\pi^2}} \\ \Leftrightarrow h &= \sqrt[3]{\frac{T^2\,G\,M_T}{4\pi^2}} - R_T \end{aligned}

Application numérique :

Remarque

On choisit comme période de révolution du satellite celle de la rotation de la Terre dans le référentiel géocentrique (jour sidéral), soit T86164sT \approx 86164\,\mathrm{s} (environ 23 h 56 min 4 s).

h=861642×6,67×1011×5,97×10244π236,4×106=3,6×107m=3,6×104kmh = \sqrt[3]{\frac{86164^2 \times 6{,}67 \times 10^{-11} \times 5{,}97 \times 10^{24}}{4\pi^2}} - 6{,}4 \times 10^6 = 3{,}6 \times 10^7\,\mathrm{m} = \boxed{3{,}6 \times 10^4\,\mathrm{km}}

Un satellite géostationnaire doit donc se trouver à 36000km36000\,\mathrm{km} de la surface terrestre, dans le plan de l’équateur.