Term • 2025-2026
Mouvement dans un champ uniforme
Deuxième loi de Newton, mouvement dans un champ de pesanteur, mouvement dans un champ électrique uniforme, aspects énergétiques et accélérateur linéaire de particules.
Deuxième loi de Newton
Le référentiel galiléen
À retenir
Un référentiel est galiléen si la première loi de Newton s’applique dans ce référentiel, c’est-à-dire qu’un corps soumis à aucune force ou à des forces qui se compensent persévère dans son mouvement rectiligne uniforme. On rappelle que dans le cas d’un mouvement rectiligne uniforme, le vecteur vitesse reste constant :
Remarque
Les référentiels en rotation ne sont pas galiléens. Si la durée de l’expérience menée à la surface de la Terre est courte devant la période de rotation de la Terre sur elle-même, alors on peut faire l’approximation que le référentiel terrestre est galiléen.
La deuxième loi de Newton
Formule à connaître
Deuxième loi de Newton
Définition : la deuxième loi de Newton, également appelée principe fondamental de la dynamique, stipule que dans un référentiel galiléen, la somme des forces extérieures appliquées sur un système est égale au produit de sa masse par son accélération.
Mouvement dans un champ de pesanteur
Accélération de la pesanteur
La Terre, de par sa masse, produit autour d’elle un champ gravitationnel. Localement, à la surface de la Terre, on considère que le champ de pesanteur est une constante et sa norme vaut . On considère donc que le champ gravitationnel, aussi appelé accélération de pesanteur, est constant à la surface de la Terre.
Le poids
Un système placé dans le champ de pesanteur terrestre subit une force qui s’appelle le poids. La relation vectorielle du poids est :

Formule à connaître
Poids d'un système
Définition : le poids est la force d’interaction gravitationnelle exercée par la Terre sur un système placé dans son champ de pesanteur.
Grandeurs : masse du système, vecteur champ de pesanteur.
Unités : en newton (), en kilogramme (), en .
Point math sur les primitives
À retenir
La fonction est une primitive de si :
Il faut bien sûr que la fonction soit continue, mais nous n’aurons jamais ce souci en terminale !
Pour résumer, la primitive d’une fonction est en réalité l’opération réciproque de la dérivée : si l’on dérive la primitive d’une fonction, on retombe sur cette fonction.
Exemple
Quelques primitives à connaître :
où et sont des constantes. est appelée « constante d’intégration » : une primitive est toujours définie à une constante d’intégration près. En effet, si l’on dérive la dernière expression :
On retombe bien sur la fonction de départ car la dérivée d’une constante est nulle.
Étude d’un mouvement dans le champ de pesanteur terrestre
Prenons l’exemple le plus général : un système est lancé depuis une hauteur avec une vitesse initiale de norme . Le vecteur vitesse initiale est incliné d’un angle avec l’horizontal. Les forces de frottement sont négligées dans l’étude de ce mouvement.

Méthode :
-
Identifier le système et faire un bilan des forces. Seul le poids s’applique sur le système.
-
Préciser le référentiel. Référentiel terrestre supposé galiléen.
-
Appliquer la deuxième loi de Newton.
Remarque
Le résultat est déjà important en soi. Il signifie que si l’on néglige les forces de frottements, c’est-à-dire l’effet de l’atmosphère sur le système, alors la chute des objets dans un champ de pesanteur ne dépend pas de sa masse ! Une plume tombe à la même vitesse qu’un marteau. Cette expérience a été menée et confirmée sur la Lune, dépourvue d’atmosphère, en 1968.
-
Projeter le vecteur dans le repère cartésien et en déduire les composantes du vecteur accélération.
Le vecteur a pour coordonnées :
Le signe « » vient du fait que le vecteur est orienté vers le bas tandis que le vecteur unitaire de l’axe est orienté vers le haut : ils sont opposés.
D’après l’égalité , il vient donc :
-
Déterminer les primitives afin d’obtenir les coordonnées du vecteur vitesse, puis les coordonnées du vecteur position.
L’accélération est la dérivée de la vitesse par rapport au temps, donc la vitesse est une primitive de l’accélération. On a :
À retenir
Afin de déterminer la valeur des constantes d’intégration et , il faut utiliser les conditions initiales. On cherche en fait à déterminer leurs valeurs à un instant où l’on connaît la valeur de la vitesse : c’est le cas à car on connaît la vitesse initiale . La notation abrégée correspond à la vitesse à : .

Les composantes du vecteur vitesse initiale sont :
Attention : ces composantes dépendent de l’exercice et de l’orientation initiale du vecteur vitesse .
Justification :
D’après le schéma ci-dessus, on peut voir que le triangle en bas à droite est rectangle. D’après les règles de trigonométrie :
et, dans le triangle rectangle en haut à gauche :
L’utilisation des conditions initiales donne donc :
On voit donc que :
et
Le vecteur vitesse a donc pour coordonnées :
À retenir
Ces deux équations obtenues pour et s’appellent les équations horaires de la vitesse. Elles donnent la vitesse verticale et horizontale du système à un instant donné.
Le vecteur vitesse étant la dérivée du vecteur position par rapport au temps, le vecteur position est une primitive du vecteur vitesse :
Les conditions initiales sur la position du système à sont : et (voir schéma). Il vient donc :
On voit donc que :
et
Le vecteur position a donc pour coordonnées :
À retenir
Ces deux équations obtenues pour et s’appellent les équations horaires de la position. Elles donnent la position du système à un instant donné.
-
Déterminer l’équation de la trajectoire.
À retenir
L’équation de la trajectoire correspond à la courbe . Elle permet de connaître la coordonnée si l’on connaît celle de , et cette équation ne doit plus dépendre du temps. Il faut donc substituer dans les équations.
Pour cela, on isole dans l’équation horaire de et on l’injecte dans celle de :
En injectant dans l’équation horaire de , il vient :
En réorganisant, on obtient :
Remarque
On reconnaît ici l’équation d’une parabole de la forme avec , ce qui signifie que la parabole est inversée : ses branches sont orientées vers le bas. Cela correspond bien à la trajectoire attendue lorsqu’on lance un objet vers l’avant avec une certaine valeur de vitesse initiale et une certaine valeur d’angle.
On remarque également que le mouvement est contenu dans un plan. En effet, il ne dépend pas de la troisième coordonnée d’espace : le mouvement est donc en deux dimensions.

Trajectoire parabolique lors d’un lancé de projectile
Exemple de questions possibles
Exemple
Chandelle d'un joueur de rugby
Énoncé : Un joueur de rugby réalise une chandelle. Il communique au ballon une vitesse formant un angle avec l’horizontale. À , le ballon se trouve à une hauteur au-dessus du sol.
-
Calculer la hauteur maximale atteinte par le ballon.
On sait que lorsque le ballon est au sommet de sa trajectoire, le vecteur vitesse est horizontal et donc . D’après les équations horaires de la vitesse, il vient :
Pour , on sait que d’où :
-
Déterminer à quelle distance le ballon touche le sol.
Lorsque le ballon touche le sol, on sait que . À partir de l’équation de la trajectoire, il vient :
C’est une équation du second degré en qui possède donc deux solutions :
Les deux solutions sont :
et
La solution n’a pas de sens physique, c’est la solution que l’on retient : le ballon touche le sol à une distance égale à .
Mouvement dans un champ électrique
On étudie à présent le mouvement d’une particule chargée plongée dans un champ électrique uniforme. Nous prendrons ici l’exemple d’un électron de charge électrique .

Le champ électrique s’exprime par la relation :
étant le vecteur unitaire associé au repère. Le signe « » vient du fait que les deux vecteurs sont opposés.
Formule à connaître
Force électrique subie par une particule chargée
Définition : une particule de charge placée dans un champ électrique uniforme subit une force électrique .
Grandeurs : charge électrique de la particule, champ électrique.
Unités : en newton (), en coulomb (), en .
Remarque : pour un proton et pour un électron, où représente la charge élémentaire.
Bilan des forces : deux forces s’appliquent sur l’électron, la force électrique ainsi que son poids. On pourrait directement appliquer la seconde loi de Newton :
On peut quand même se demander s’il est possible de négliger une force devant l’autre. Pour cela, nous allons comparer les ordres de grandeur de leur norme. Prenons comme valeur du champ électrique , qui est une valeur réaliste.
Remarque
: la force électrique est fois plus grande que le poids. On néglige donc .
On obtient donc :
Projetons la force afin d’obtenir les coordonnées du vecteur accélération :
Les coordonnées du vecteur sont :
Attention : il faut bien sûr s’adapter à l’exercice et ces coordonnées pour ne seront pas toujours identiques !
Il vient donc :
Il faut à présent déterminer les équations horaires de la vitesse puis celles de la position comme dans la section précédente.
L’accélération est la dérivée de la vitesse par rapport au temps, donc la vitesse est une primitive de l’accélération. On a :
Utilisation des conditions initiales : le vecteur vitesse initial a pour coordonnées :
Il vient que :
On voit donc que :
et
Le vecteur vitesse a donc pour coordonnées :
La vitesse est la dérivée du vecteur position par rapport au temps, donc le vecteur position est une primitive du vecteur vitesse. On a :
Utilisation des conditions initiales : le vecteur position initial a pour coordonnées :
Il vient que :
On voit donc que :
et
Le vecteur position a donc pour coordonnées :
Pour finir, on peut déterminer l’équation de la trajectoire de l’électron dans ce champ électrique :
Il vient que :
En réorganisant :
Remarque
On retrouve à nouveau l’équation d’une parabole , mais cette fois avec , et : les branches de la parabole sont orientées vers le haut, c’est bien le cas comme le montre la figure précédente.
Les équations de trajectoire ne sont évidemment pas à apprendre par cœur, il faut cependant savoir les retrouver en réappliquant la méthode en fonction des données de l’exercice et notamment des conditions initiales.
Aspects énergétiques
Cette partie a déjà été traitée l’an dernier en classe de première. Il faut revoir son cours de première !
Conservation de l’énergie mécanique
Énergie mécanique
À retenir
Si un système n’est soumis qu’à des forces conservatives, alors l’énergie mécanique totale du système est conservée.
On rappelle les différentes relations utiles :
Formule à connaître
Énergie mécanique
Définition : l’énergie mécanique est la somme de l’énergie cinétique et de l’énergie potentielle de pesanteur .
Unités : ces trois énergies s’expriment en joule ().
À retenir
Les forces de frottement ne sont pas des forces conservatives. Si l’on ne peut pas négliger les frottements lors de l’étude d’un mouvement, alors l’énergie mécanique diminue au cours du temps. L’énergie est perdue sous la forme d’énergie thermique.
Énergie cinétique
Formule à connaître
Énergie cinétique
Grandeurs : masse du système, norme de la vitesse du système.
Unités : en joule (), en kilogramme (), en .
Énergie potentielle de pesanteur
Formule à connaître
Énergie potentielle de pesanteur
Grandeurs : masse du système, altitude du système, intensité de la pesanteur.
Unités : en joule (), en kilogramme (), en mètre (), en .
Remarque : l’énergie potentielle de pesanteur est généralement choisie égale à zéro au niveau du sol.
Théorème de l’énergie cinétique
Formule à connaître
Théorème de l'énergie cinétique
Définition : la variation d’énergie cinétique d’un système le long d’un trajet est égale à la somme des travaux des forces qui s’appliquent sur lui.
Grandeurs : et énergies cinétiques aux points et , travail des forces extérieures sur le trajet .
Unités : et en joule ().
On rappelle que le travail d’une force est donné par le produit scalaire de cette force et du vecteur déplacement :
Exemple
Électron accéléré entre deux plaques d'un condensateur
Un électron se déplace entre les deux armatures d’un condensateur plan. La distance entre les deux plaques est de et la tension appliquée entre les plaques est de . En négligeant le poids de l’électron, déterminer sa vitesse lorsqu’il atteint la plaque positive. Il est émis par la plaque négative avec une vitesse nulle.
On applique le théorème de l’énergie cinétique :
La seule force qui travaille est la force électrique. L’électron étant chargé négativement, la force électrique qu’il subit est orientée de la plaque négative (B) vers la plaque positive (A), c’est-à-dire dans le même sens que son déplacement :

Calcul du travail de la force électrique :
Il vient donc, compte tenu que la vitesse est nulle au point (plaque négative, départ) :
Application numérique :
Accélérateur linéaire de particules
Le principe est de réussir à accélérer des particules chargées grâce à un champ électrique extérieur. Ce champ va exercer sur la particule une force électrique. Par exemple, dans le cas d’un proton chargé positivement, il faut que le champ électrique soit orienté dans le même sens que le sens de déplacement voulu pour ce proton. Dans les tubes, le champ électrique est nul : il doit être maximal et toujours orienté dans le même sens lors du passage de la particule entre deux tubes, afin de lui fournir une énergie cinétique maximale. Vu que la vitesse de la particule augmente, il faut des tubes de plus en plus longs !
